AIZI / AI字 / 爱字

AIZI / AI字 / 爱字

Création de caractères assistée par intelligence artificielle

Le projet de recherche AIZI est une collaboration entre l’ECAL et le Laboratoire de vision par ordinateur de l’EPFL et a pour objectif de développer un outil d’intelligence artificielle pour aider à la création de sinogrammes. L’idée est de former une intelligence artificielle pour qu’elle puisse générer des glyphes à partir d’un petit nombre de caractères de base, en utilisant un réseau antagoniste génératif (GAN) : deux algorithmes qui s’affrontent et tentent sans cesse de se surpasser l’un l’autre. L’écriture chinoise est riche de milliers de hanzi, mais leur construction est, sur de nombreux points, très logique et systématique. Elle procède par assemblage d’un nombre limité de radicaux afin de produire de nouveaux signes. Néanmoins, les designers font face à une difficulté majeure, étant donné que les radicaux changent en fonction des éléments environnants, s’adaptant toujours au contexte, afin d’obtenir des formes harmonieuses.

Projet de recherche (2021)

Une police d’écriture latine ne contient, en moyenne, que 400 à 700 glyphes. Grâce au système alphabétique, ces quelques caractères suffisent pour épeler tous les mots qui existent dans une langue donnée. Une seule police d’écriture chinoise doit contenir un minimum de 6 763 glyphes d’usage courant pour être utile, tandis que les polices de caractères destinées à un usage littéraire, par exemple, en nécessitent des milliers de plus. Les dictionnaires historiques chinois célèbres contiennent entre 47 000 et 54 000 hanzi (sinogrammes), le plus complet en contenant jusqu’au nombre incroyable de 106 230.

Ainsi, la création d’une police chinoise ne peut être réalisée qu’au prix d’un long travail collectif, ce qui inhibe malheureusement toute créativité. Qui plus est, les fonderies de création de police d’écriture ont tendance à ne pas prendre de risques avec leur design et le facteur collectif n’aide pas les créateurs indépendants (chinois ou autres) à en proposer, ce qui contribue à rendre cette écriture inaccessible. Cette situation fait qu’il n’y a, finalement, qu’un nombre réduit de designers de polices pour une écriture qui est pourtant utilisée par 900 millions de locuteurs natifs du mandarin et environ 400 millions de lecteurs, pour qui le mandarin est une deuxième langue.

Le résultat de ce projet de recherche est une base de données des différentes constructions de glyphes qui existent en chinois. Elle couvre actuellement 90 000 hanzi et sera librement accessible en ligne, pour encourager le développement de la scène technologique de design de police d’écriture. Le projet a également permis de réfléchir au rôle du design assisté par ordinateur dans le domaine de la typographie, à son développement futur et à son application dans le domaine de l’enseignement du design de police d’écriture.

Requérant principal

ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne
Matthieu Cortat (chef de projet)

Équipe de recherche

Kai Bernau, Mathieu Salzmann, Shuhui Shi, Wei Wang

Durée

janvier 2020 – juin 2021

Soutenu par

ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne
Réserve stratégique de la HES-SO (RCDAV)

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Première présentation du projet AIZI © ECAL / Calypso Mahieu
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Cas moyens. L’algorithme montre de meilleurs résultats dans les images de basse résolution et pourrait être transféré à une plus grande taille via une transformation affine © ECAL / Shuhui Shi
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Base de données AIZI © ECAL / Shuhui Shi
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AIZI modèle d’algorithme © ECAL / Shuhui Shi