Responsable d'atelier: Marie-Eve Hildbrand
"Ce qui est précieux
Ce qui éveille
Ce qui me réveille"
"J’ai partagé cette courte citation et un texte du manifeste CRÉER C’EST RÉSISTER, écrit en 2024 par le clown Gilles Defacque, pour amorcer chez les étudiant·x·e·s de première année, réflexions et audaces, en les accompagnant 17 jours environ, dans cet étonnant processus créatif propre au territoire qu’on appelle le documentaire.
Comme à chaque atelier, et pour l’avoir vécu quand j’étais moi-même apprentie cinéaste avec mes intervenants, je suis toujours chamboulée par cet instant où l’on visionne ensemble les premières rushes et qu’émerge un regard, parfois encore flou, parfois déjà très aiguisé, sur le réel et ce qu’il porte de si puissant et d'intangible"
Marie-Eve Hildbrand, réalisatrice
• Zakary Al Samman
, Le goût du risque, 15'
• Eva Baumgartner
, Là où mon corps grandit, 13'
• Louise Bercher
, Hold Me Clothes, 10'
• Fatlum Berisha
, Origine identitaire, 11'
• Jean Coutau
, Sans tête sans paroles, 11'
• Thomas Duvanel
, Symbiose, 16'
• Lucie Kheloui
, Bye Bye Modern Love, 13'
• Zen Marachly
, Histoire de, 9'
• Max Rosenstiehl
, Le désir des autres, 8'
• Mia Widmer
, Viens on s'aime, 4'
Responsable d'atelier: Alessandro Comodin
"Cette année, il a beaucoup été question de cailloux sur les carreaux et des œufs dangereusement mis dans les poches des jeans.
Les cailloux, j’avoue, c’était moi, Alessandro Comodin, réalisateur italien d’une quarantaine d’années, qui les avais lancés sur les fenêtres de mes nouveaux apprentis cinéastes. C’était ma mission ou, enfin, c’est comme ça que j’avais interprété ma mission. Oui, c’est moi qui ai balancé ces cailloux parce que j’ai toujours aimé être dérangé par un ami ou une amie qui aurait pu passer à l’improviste, par surprise, parce qu’il ou elle ne savait pas quoi faire de mieux que de venir chez moi. Alors, comme souvent avec les cadeaux qu’on offre, ce sont ceux qu’on aimerait recevoir, je me suis permis de venir sortir de leurs canapés les jeunes gens pour les amener dans le monde obscur et magique du documentaire. Ou que tout simplement ils et elles puissent ouvrir les fenêtres sans crainte.
Les œufs, en revanche, étaient les projets des étudiant.e.x.s. L’image de l’œuf est peut-être banale, mais c’est la base nutritionnelle déjà depuis bien avant l’expérience heureuse de l’Arche de Noé, et n’en déplaise pas à un public végan ou aux allergiques, parce que les œufs il ne fallait surtout pas les manger, ni le casser, il fallait juste les mettre dans la poche et faire en sorte qu’ils ne se cassent pas. Exercice hautement périlleux, mais on n’est pas apprenti cinéastes sans une conscience aiguë du temps qui passe et de la fragilité des apparences.
Je conclus avec mon cheval de bataille : une citation de Julio Cortazar. En 1980 il était invité à donner une série de cours aux étudiants de Berkeley. A un moment il dit qu’une idée est comme un oiseau qui rentre subrepticement par la fenêtre, tu ne peux jamais savoir quand est-ce qu’il va rentrer et ce n’est pas facile de l’attraper. Je rajoute qu’encore faut-il avoir les fenêtres ouvertes. On a appris ça cette année, que c’est vraiment chouette d’ouvrir un peu les fenêtres, un peu tous les jours, même la nuit, il se peut qu’un oiseau rentre ou qu’un ami y jette un caillou, on ne sait jamais que ce caillou se transforme en un œuf."
Alessandro Comodin, réalisateur
• Morgane Beslay
, Lettres à Louise, 17'
• Orson Gauthier-Villars
, About Love, 14'
• Charlyne Genoud
, Prochain Arrêt Fontenay, 23'
• Maéna Hirt
, Ma petite Nono, 13'
• Robin Kaufmann
, Chez Madame Favre, 23'
• Vincent Nguyen
, Basile rêve d'une araignée, 15'
• Mathys Nouspikel
, Lorena, 18'
• Pauline Pichard
, La panthère, mon oasis, 23'