L’archive comme acte créatif : le cinéma absolu de Gregory J. Markopoulos et l’utopie du Temenos

L’archive comme acte créatif : le cinéma absolu de Gregory J. Markopoulos et l’utopie du Temenos

Les artistes qui produisent des archives à partir de leur propre œuvre appréhendent l’activité archivistique comme un geste créatif : ici, l’archive devient littéralement une œuvre. Parallèlement à la « pulsions d’archives » qui traverse l’art contemporain depuis les années 1960, ce projet de recherche interroge l’« agentivité performative » des archives lorsqu’elles se constituent à partir d’« actes d’image ». Le corpus sélectionné repose sur un cas extrêmement singulier, le travail cinématographique de Gregory J. Markopoulos (1928-1992) et les archives du Temenos.

Projet de recherche (2023) avec François Bovier

Formations
BA ARTS VISUELS, BA CINEMA, MA ARTS VISUELS, MA CINEMA
Assistant·e·s
Balthazar Lovay, Mathilde Coué

Conçues dans les années 1970 et constituées dès les années 1980, ces archives rassemblent les productions filmiques, critiques et théoriques du cinéaste expérimental gréco-américain, ainsi que tout ce qui a trait aux films de son compagnon Robert Beavers. Le Temenos est tout à la fois une archive, un festival dédié au dernier cycle de films de Gregory J. Markopoulos, Eniaios (1948-1990, environ 80 heures), qui se tient tous les quatre ans depuis 2004, et un projet utopique : le « film en tant que film » (film as film), ou une œuvre totale répondant à un absolu filmique. Cette œuvre-archive est explorée à travers deux axes principaux : une exposition et une série de publications. À l’heure de la généralisation de l’exposition d’images en mouvement, l’enjeu est de faire retour sur un ensemble de films d’un artiste tournés en pellicule, et de les présenter dans leur concrétude au sein d’un espace d’exposition. Des projections 16mm en boucle ou des projections linéaires suivant un horaire fixe seront confrontées à des agrandissements de photogrammes et à des documents d’archives, l’ensemble s’articulant étroitement aux films de Gregory J. Markopoulos antérieurs à Eniaios mais repris dans ce cycle. Car ce cycle radicalise la notion d’archive-création : les films antérieurs sont remontés, modifiés et accompagnés de plans tournés pour l’occasion, en un nouveau projet qui efface les films précédents. Le catalogue d’exposition, richement illustré, documentera l’œuvre, mais comprendra aussi une série d’interventions théoriques sur les relations entre art et archive à partir du cas du Temenos. Par ailleurs, deux autres ouvrages seront édités : la correspondance entre Gregory J. Markopoulos et Stan Brakhage, avec un appareil critique, qui permet de suivre au plus près les processus de création et d’auto-organisation du cinéma expérimental américain des décennies 1960-1970 ; et une monographie sur le cinéma de Gregory J. Markopoulos qui demeure à ce jour encore peu documenté.

Ce projet n’entend pas reproduire les catégorisations issues des études sociologiques ou anthropologiques qui ont été consacrées à la jeunesse, ni réitérer les poncifs que les industries culturelles ont projeté sur elle, mais rendre sensible et intelligible le caractère inextricable des dimensions esthétiques et politiques de la jeunesse. En explorant les processus de constitution de la jeunesse à travers ses formes de représentation, ce projet entend la saisir comme une allégorie permettant, notamment, de repenser le contemporain par son milieu le plus vivant.

Requérant principal

François Bovier

Équipe de recherche

Serge Margel, chercheur avancé

Conférenciers et chercheurs:

Philippe Artières, Erika Balsom, Robert Beavers, Christa Blümlinger, Enrico Camporesi, Markus Klammer, Rebekah Ruttkof, P. Adams Sitney, Mark Webber

Assistants

Mathilde Coué (archiviste et historienne), Balthazar Lovay (curateur)

Etudiant·e·s

Étudiant·e·s en arts visuels et cinéma, BA/MA

Durée

décembre 2022–novembre 2024

Partenaire

FriArt Kunsthalle Fribourg

Soutenu par

Réserve stratégique de la HES-SO (RCDAV)
Kunsthalle FriArt Fribourg

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