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2008 2026
Vittorio Franzolini – Still still

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Vittorio Franzolini – Still still

par Vittorio Franzolini

Still still explore l'héritage des architectures construites durant la période fasciste en Italie. Inspiré des « parole in libertà » futuristes, le titre naît de la répétition d'un même mot, générant une ambiguïté entre immobilité et mouvement. Réalisé entre Milan et Rome en argentique, le projet cherche à désacraliser ces bâtiments à travers des points de vue rapprochés et décentrés, s'éloignant de leur représentation monumentale et célébrative. Murs et surfaces apparaissent comme une peau marquée par l'érosion, la poussière et les traces du temps, transformant des symboles de pouvoir en corps fragiles et vulnérables. Still still interroge la persistance de certaines esthétiques de l'autorité dans le présent et prend la forme d'un livre et d'une installation imprimés en Comcolor.

Lee Eggenschwiler – Standard Values

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Lee Eggenschwiler – Standard Values

par Lee Eggenschwiler

Standard Values explore l'économie opaque des pierres de couleur à Bangkok. Conçu comme une enquête visuelle, ce projet s'intéresse aux zones grises de ce secteur, capturant le moment précis où les mécanismes de confiance et les flux mondiaux transforment un simple caillou en un idéal de luxe standardisé. Le livre confronte la matérialité brute des gemmes à l'espace urbain, faisant dialoguer les facettes des cristaux avec l'architecture des gratte-ciels pour en révéler la similitude et les inclusions. Pourtant, les images révèlent aussi une forme de solitude face à une opulence illusoire, entre boutiques vides et corps anonymes.

Farah Mirzayeva – ANOMALIES

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Farah Mirzayeva – ANOMALIES

par Farah Mirzayeva

Inspiré par une formation en chimie, ANOMALIES explore la frontière entre l'imagerie scientifique et la construction visuelle. Après avoir photographié des machines qui traitent ou stockent des données dans les laboratoires de l'EPFL, les images sont modifiées en utilisant le scan comme outil de transformation pour les altérer, les glitcher et les déformer. Le processus imite les machines elles-mêmes : les images codifiées sont systématiquement rescanées pour acquérir une nouvelle matérialité et deviennent texturées, instables et, paradoxalement, analogiques. ANOMALIES se compose d'une installation recréant le squelette d'un microscope de laboratoire, ainsi que d'un livre qui reflète le traitement des données afin de révéler l'immatérialité et l'abstraction de la recherche scientifique.

Léa Isoard – Almost Marble

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Léa Isoard – Almost Marble

par Léa Isoard

Almost Marble observe la circulation des corps féminins contemporains dans un paysage visuel et culturel façonné par des représentations héritées. Prenant pour référence les Cariatides de l'Acropole, ce projet s'intéresse à la persistance d'idéaux construits par un regard masculin, ainsi qu'aux possibilités de leur déplacement. Dans le labyrinthe athénien, portraits et fragments architecturaux composent alors une lecture sensible d'une ville stratifiée. Les figures photographiées peuvent être envisagées comme des « cariatides déplacées » : non plus des corps assignés à soutenir un monument, mais des présences vivantes qui habitent la ville et la constituent de l'intérieur.

Salomé Billato – Grosse

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Salomé Billato – Grosse

par Salomé Billato

Grosse est un livre photographique qui mêle autoportraits, images documentaires et images fictionnelles autour du corps contemporain. En se réappropriant le mot « grosse », un terme marqué par la honte et la stigmatisation, ce projet interroge les normes de beauté et leur emprise sur notre rapport au corps. Il s'appuie sur l'expérience personnelle de l'artiste du Wegovy, un traitement de perte de poids ayant intensifié une surveillance constante de son corps. Grosse explore une contradiction centrale : la critique de ces normes tout en y participant. Le livre questionne jusqu'où nous sommes prêtes à remodeler notre corps pour répondre à des idéaux socialement construits.

Rose Graf – EVERYTHING FALLS QUIET

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Rose Graf – EVERYTHING FALLS QUIET

par Rose Graf

Il y a des moments que personne ne voit. Pas parce qu'ils n'existent pas, mais parce que personne ne regarde vraiment. EVERYTHING FALLS QUIET est né d'une mémoire intime, celle du harcèlement scolaire. Des lieux familiers traversés par une obscurité qui n'est pas naturelle, des corps qui coexistent sans se voir, une tension qui pèse sans jamais éclater. Entre souvenir et mise en scène, entre réel et onirique, c'est une façon de reprendre le pouvoir sur ce qui a été subi. De mettre sur pause ces instants invisibles pour leur donner enfin une présence, un visage.

Shiny Vallenas – The Money Shot Always Tastes Like Bunnies And Donuts

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Shiny Vallenas – The Money Shot Always Tastes Like Bunnies And Donuts

par Shiny Vallenas

Les codes de la pornographie ont recomposé en profondeur la représentation des femmes au sein de l'image contemporaine. Du porno chic des années 2000 à l'esthétique des clean girl des réseaux sociaux, il s'agit des mêmes gros plans et des mêmes corps fragmentés qui circulent. Le désir, inhérent à l'image, prend aujourd'hui différentes formes déguisées dues à la censure et se transforme en tendances virales. Ce projet croise la mise en scène et l'image générée par intelligence artificielle afin de reconstruire des dispositifs empruntés au casting porno, à OnlyFans, au vocabulaire publicitaire et trace ainsi des correspondances formelles entre le corps, l'animal et l'objectification pour rendre visible ce qu'un flux permanent d'images nous apprend à ne plus voir.

Aline Savioz – I feel slightly off

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Aline Savioz – I feel slightly off

par Aline Savioz

Né d'une période introspective, I feel slightly off transforme des ressentis invisibles comme l'angoisse et la perte de sens en mises en scène construites. À travers des portraits, des scènes de groupe et des natures mortes, des situations familières basculent subtilement vers l'étrange. Inspirées par les notions d'inquiétante étrangeté (Sigmund Freud) et de vallée de l'étrange (Masahiro Mori), les images jouent sur de légers décalages qui créent une tension entre le quotidien et l'inquiétant. Réunissant neuf photographies grand format et une image imprimée sur un tapis au sol, l'installation propose une réflexion sur le rapport au contrôle, à l'angoisse et à la perception de la réalité, tout en cherchant à rendre visibles des expériences intimes souvent partagées mais rarement exprimées.

Antoine Genoud – Galé j'armayi

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Antoine Genoud – Galé j'armayi

par Antoine Genoud

Galé j'armayi s'intéresse à la manière dont la figure du paysan est représentée en Suisse, où elle est fortement liée à l'identité nationale. Plus largement, le projet invite les spectateur·trice·s à questionner leur rapport à un passé idéalisé et exploité ainsi qu'aux traditions auxquelles ils·elles sont attaché·e·s de manière à se les réapproprier. Plastiquement, cela prend la forme d'une pièce vidéo ainsi que d'une série d'autoportraits où la pose, l'habillement et les objets concourent à recréer l'imagerie paysanne traditionnelle tout en y intégrant un certain décalage dans le but de la questionner. De plus, les rôles d'hommes et de femmes sont interprétés par l'artiste lui-même, remettant en question une certaine idée du genre et des valeurs traditionnelles et conservatrices.

Auriane Nicollier – Everything Will Remain Except the House

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Auriane Nicollier – Everything Will Remain Except the House

par Auriane Nicollier

Everything Will Remain Except the House est une série documentaire qui suit les habitant·e·s d'un bâtiment squatté pendant près d'un an. Après leur expulsion, certain·e·s ont trouvé un nouveau lieu de vie, tandis que d'autres se sont retrouvés à la rue. Le projet interroge la manière dont l'intimité se construit dans des espaces temporaires, collectifs et précaires. Chaque lieu occupé doit être aménagé, partagé et réinventé. Dans cette instabilité, le chez-soi se définit plus par les relations qu'il accueille que par l'espace qu'il occupe. Présenté sous la forme d'une édition réunissant photographies et témoignages, Everything Will Remain Except the House préserve la mémoire d'un lieu disparu et propose une réflexion sur la précarité du logement, la vie collective et l'entraide.

Ashley Schneiter – AMUL RAGAL

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Ashley Schneiter – AMUL RAGAL

par Ashley Schneiter

AMUL RAGAL est un projet photographique documentaire consacré au lamb, pratique profondément ancrée dans les traditions culturelles, sociales et spirituelles du Sénégal. À travers ce travail, l'artiste interroge la représentation photographique du corps masculin noir et les imaginaires qui lui sont associés. La lutte sénégalaise offre un terrain où se croisent rites, croyances et culture contemporaine. En tant que femme évoluant dans un environnement presque exclusivement masculin, l'artiste a développé un regard sensible aux gestes, aux nuances, aux moments d'attente ou de vulnérabilité qui échappent au spectacle. L'utilisation d'une faible profondeur de champ fait du flou un outil narratif traduisant la frontière incertaine entre réalité, croyance et représentation.

Colas Ravey – Un goût salé m'est resté en bouche

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Colas Ravey – Un goût salé m'est resté en bouche

par Colas Ravey

La plage, dans les jeux vidéo comme dans la vie, est un lieu cher à l'artiste. C'est un espace qui mélange personnes, sensations et instants de vie. Un endroit où l'identité et la sexualité des gens sont à la merci du soleil et de la chaleur. Un goût salé m'est resté en bouche est une réminiscence de l'enfance, une période où les jeux vidéo sont des mondes pixelisés où tout semble possible, dépourvus de questionnements sur l'image de soi et l'amour. En s'inspirant de l'esthétique low-poly, le projet parle d'un instant suspendu où voyeurisme, bronzage et drague coexistent. Un moment où l'artiste devient l'avatar d'un jeu à multiples buts, naviguant entre désir et liberté, intime et public, à la recherche de quelque chose qui pourrait ressembler à de l'amour.

Sofia Grytsiv – Rebrand

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Sofia Grytsiv – Rebrand

par Sofia Grytsiv

Rebrand est une performance illusionniste sur Instagram qui simule l’ascension et la chute d’un personnage de célébrité fictif qu’incarne la photographe. À travers des images mises en scène et de fausses couvertures médiatiques, Rebrand s'intéresse aux mécanismes de la célébrité, aux normes de beauté et au traitement des femmes par les médias. Pendant plusieurs mois, elle développe un récit réaliste retraçant l’ascension de cette célébrité fictive, puis sa chute sous le poids du scandale, de la surveillance et du spectacle médiatique. Rebrand utilise des shootings éditoriaux, des photos de type paparazzi, de faux partenariats de marques et des scandales orchestrés. Le projet dans sa forme finale est une installation vidéo multi-écrans retraçant cette vie publique fabriquée.

Maude Bally – Entre 4 et 8

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Maude Bally – Entre 4 et 8

par Maude Bally

Entre 4 et 8 questionne ce que signifie vivre avec une maladie chronique, dans les détails du quotidien, dans l’usure lente d’un corps contraint. Il condense des images produites à des fins médicales, des scans administratifs, des écrans rephotographiés et fragments de vie courante. Avec une narration morcelée, il présente tout ce qui, visuellement, accompagne la gestion du diabète. Il ne cherche pas le récit héroïque ni la plainte. Seulement ce qui persiste quand la maladie s’inscrit dans la normalité: les courbes, les chiffres, les petits écarts. Un langage visuel enraciné dans l’intime, une tentative de rendre visible une forme de résistance discrète.

Lester Kielstein – Osmosis

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Lester Kielstein – Osmosis

par Lester Kielstein

Osmosis est un projet de recherche photographique sur la manière dont la migration est représentée et politisée en Allemagne aujourd’hui. Réalisé au fil d’un parcours de 13 000 km à travers le pays, le travail oppose la montée visible de l’extrême droite à la présence plus discrète de la migration, à travers des images de manifestations et des traces relevées à la frontière germano-polonaise. Ancré dans l'expérience personnelle du photographe en Allemagne de l’Est, Osmosis interroge ce qui est montré ou non, ainsi que la manière l’identité nationale et la notion de frontière sont en train de changer.

Rebecca Dubuis – 208 Grace St.

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Rebecca Dubuis – 208 Grace St.

par Rebecca Dubuis

208 Grace St. observe un espace domestique où cohabitent tendresse et fractures idéologiques profondes. Dans la maison de mon grand-père à Oakville (WA), des convictions républicaines, conservatrices et religieuses s’opposent violemment aux miennes. Pas de conflit ouvert, juste une tension diffuse, inscrite dans les silences, les objets, les habitudes. 208 Grace St. donne à voir ce qui se joue quand les positions délétères d’une société se montrent dans l’intimité familiale. Aucune réconciliation, aucune provocation; seulement la réalité d’un flagrant écart.

Emanuele Delpozzo – The Sea Speaks More Honestly To Those Willing To Drown

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Emanuele Delpozzo – The Sea Speaks More Honestly To Those Willing To Drown

par Emanuele Delpozzo

La mer est un vide anonyme et changeant où identité, lieu et échelle se dissolvent. Elle ne donne rien: ce qu’on en retire révèle qui l’on est. Ce projet explore la psychologie du voyage et de la survie, guidé par une quête de vérité à travers l’expérience directe. En occupant l’espace, surgissent incertitude, désorientation et effondrement de la perception rationnelle. Face à la détresse et au déplacement, il interroge : comment l’architecture du corps dialogue-t-elle avec celle qui l’entoure ? Un bateau bricolé avec des jerrycans et des débris de la côte portugaise devient un vaisseau vers l’horizon. L’œuvre prend la forme d’une installation photo et d’une performance vidéo.

Héloïse Tourrenc – Un battement feutré

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Héloïse Tourrenc – Un battement feutré

par Héloïse Tourrenc

Depuis l’enfance, les pigeons accompagnent la photographe. Ses grands-parents élevaient ces oiseaux dans un pigeonnier au fond de leur jardin. Aujourd’hui, ce souvenir est devenu le point de départ de ce projet photographique. En retraçant l’histoire de ces compagnons ailés jusqu’à l’Égypte ancienne — où ils étaient élevés, respectés, parfois même vénérés — elle se rend au Caire où cette tradition perdure encore aujourd’hui. Elle y documente à la fois l’histoire de la colombophilie, ses rencontres et le lien sensible que l’homme entretient avec le pigeon. Entre savoir ancestral, gestes quotidiens et mémoire collective, ces images cherchent à révéler ce lien invisible qui nous unit. Le pigeon, compagnon oublié ou méprisé, devient ici le témoin discret d’une histoire partagée.

Eliot Pizzera – Tarèinâ

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Eliot Pizzera – Tarèinâ

par Eliot Pizzera

Tarèinâ est un court-métrage dystopique qui parle de la fonte des neiges et de l’impact du réchauffement climatique sur les paysages alpins suisses. Le réchauffement climatique fait reculer la neige en moyenne et basse altitude, désertant les stations de ski qui laissent derrière elles ruines et squelettes d’infrastructures inutiles. Dans ce décor post-touristique, un skieur solitaire glisse comme un fantôme figé dans un rituel absurde. Inspiré des paysages valaisans et des mythes locaux, ce film mêle silence, bruits organiques et poésie. Il Intègre la figure mythique des Tshäggättä, gardiens masqués aperçus à Blatten avant la catastrophe climatique du 28 mai 2025. Symboles de mystère et de résilience, ils questionnent notre rapport à la montagne et notre volonté de la façonner à notre image.

Kristina Yenza – YOUNIST'

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Kristina Yenza – YOUNIST'

par Kristina Yenza

Ce livre ne parle pas de la guerre, mais de la façon dont elle devient l’arrière-plan de la vie. Il rassemble des photographies de jeunes Ukrainiens âgés de 16 à 29 ans  — l’âge qu'avait la photographe lorsqu'elle a quitté l’Ukraine,et celui qu'elle a aujourd’hui. Peu importe le pays où l’on grandit, le passage à l’âge adulte est toujours une expérience profonde, fragile, mais essentielle. Dans ce pays où la guerre fait désormais partie du quotidien, il y a encore des jeunes qui tombent amoureux, découvrent de nouveaux sentiments, doutent et rêvent. La guerre n’a pas effacé ces émotions; elle les a rendues plus profondes. YOUNIST' parle du regard, des gestes, des silences. De la manière dont on grandit avec ce qui arrive.

Gabrielle Coué – Sans témoin

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Gabrielle Coué – Sans témoin

par Gabrielle Coué

La chirurgie esthétique, à la fois intime, technique et sociale, interroge notre rapport au corps et aux idéaux qui le traversent. Loin des visages transformés, Sans témoin explore ce qui reste hors champ : lieux, outils, gestes invisibles. Il s’attarde sur ce moment où le corps est modifié sans être vécu. L’anesthésie suspend la conscience ; la métamorphose a lieu sans témoin. Un désir est formulé, le corps confié, puis le réveil. Entre les deux : un vide. Ce vide prend forme par l’image. Salles froides, instruments métalliques, textures de peau en gros plan. Peu ou pas de présence humaine, seulement des traces. Le corps devient matière, pris dans un système réglé, normé, propre.

Jerome Luginbühl – Popcorn

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Jerome Luginbühl – Popcorn

par Jerome Luginbühl

«Au commencement, le rien se dissipe». L'histoire de Yara ne commence pas avec la lumière, mais dans l'obscurité. Née presque aveugle, aujourd'hui astrophysicienne, ma sœur ne voit pas les étoiles avec ses yeux, mais à travers des modèles, des formules et des analyses de la lumière. «Je suis à la hauteur d'une poussière dans un souffle», ici commence le film : dans l'émerveillement devant l’invisible. Que signifie voir — vraiment voir ? Entre croyance et savoir, chiffres et nostalgie, enfance et cosmos, un espace d'abstraction, de projection et de reconstruction se crée. Yara devient la métaphore d'une autre perception, d'une autre vérité, au-delà de la vue.

Ettore Bruni – TOP OF THE WORLD

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Ettore Bruni – TOP OF THE WORLD

par Ettore Bruni

TOP OF THE WORLD explore St. Moritz où luxe et illusion se rejoignent en un spectacle étincelant. Ce projet s’interroge sur la mise en scène de l’exclusivité – à travers symboles, gestes et codes de visibilité. Entre apparences soigneusement orchestrées et vestiges silencieux d’une saison révolue, il documente un monde conçu pour être regardé. Immergé dans cet univers surréel, le photographe a observé comment les individus jouent leur rôle, et comment un lieu physique se transforme en rêve numérique – façonné par des stories, des instants filtrés et des rituels d’attention.

Inès Riber – Pleasure Boys

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Inès Riber – Pleasure Boys

par Inès Riber

Pleasure Boys explore le monde du strip-tease masculin et ses représentations de la masculinité. En collaboration avec la troupe britannique « UK Pleasure Boys », le projet interroge la tension entre pouvoir et vulnérabilité. À travers les archétypes hypermasculins et les routines des danseurs, la photographe questionne la manière dont le corps masculin s’expose, se contrôle, se donne. Ces images cherchent à révéler l’humanité derrière le spectacle: des corps fatigués, tendus ou relâchés, des instants intimes loin de la performance. Elles interrogent ce que signifie être un homme quand le désir devient performance.

Fredrik Maag – Up There

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Fredrik Maag – Up There

par Fredrik Maag

Up There se concentre sur le rôle de la Suisse dans le « troisième âge de l'espace », une ère où ce ne sont plus les Etats, mais des entreprises privées qui façonnent le secteur spatial de manière déterminante. Bien qu'une grande partie de la technologie utilisée là-haut ne soit presque jamais visible, notre dépendance vis-à-vis d'elle et ses implications géopolitiques sont extrêmement vastes. La tension entre l'invisibilité apparente et l'omniprésence simultanée est illustrée par la participation suisse à l'actuelle Space Race.

Cedric Zellweger – If life is a video game, the graphics are great, but the plot is confusing & the tutorial is way too long.

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Cedric Zellweger – If life is a video game, the graphics are great, but the plot is confusing & the tutorial is way too long.

par Cedric Zellweger

Le projet explore la vie d’Elon Musk — sa carrière, sa sphère intime et son influence à l’échelle mondiale — à travers une perspective critique. Musk appréhende le monde comme un vaste terrain de jeu, une surface éclatante empreinte de contradictions, où ses liens ambigus avec Trump contribuent à façonner les dynamiques globales. Inspiré par "Le Jardin des délices" de Bosch, le projet brouille la dichotomie américaine traditionnelle du bien et du mal. Dans ce cadre, le Texas — où résident Musk et des membres de la famille du photographe — incarne une forme américaine typique : étendue, protectrice, consumériste à l’extrême, tournée vers les étoiles tout en demeurant sous un ciel étrangement hors d’atteinte. L’installation se compose de photographies argentiques, d’un jeu, de photogrammes et d’objets variés.

Belinda Kiela – Bana Ya Mbòka

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Belinda Kiela – Bana Ya Mbòka

par Belinda Kiela

Les images de cette édition sont un fragment d'une immersion au sein de  l’Université de Kinshasa : une vie étudiante riche au cœur d’une capitale en mouvement. Entre rires, discussions, doutes et découvertes, la photographe a appris à s’ancrer dans un quotidien loin de celui connu en Europe. Bana ya Mbóka — les enfants du pays — donne un visage à cette jeunesse qui étudie, rêve et résiste sur les bancs de cette université. Fondée en 1954, l’UniKin porte l’ambition, freinée par l’histoire, d’être un haut lieu du savoir. Malgré les grèves, coupures d’électricité ou manques d’infrastructures, les étudiant·e·s rencontrés dégagent une force bouleversante. Cette série raconte des instants de vie faits de regards, de gestes quotidiens et de résilience collective.

Delio Testa – Partenopei

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Delio Testa – Partenopei

par Delio Testa

Naples est l'une des incarnations les plus vibrantes de l'amour d'un peuple pour ses terres, et ce malgré une souffrance ancrée dans un chaos quotidien ainsi qu'une précarité bien plus profonde qu'on ne l'imagine. Pour comprendre ce contexte, il faut s'immerger dans la vie napolitaine. Rapidement, nous sommes submergés par des icônes vénérées allant de la religion à des personnalités populaires touchant la poésie, le cinéma, la musique, le sport et bien d'autres. Ces identifications et ces croyances offrent une force supplémentaire au quotidien et nourrissent le besoin constant de créer, de célébrer et de rendre hommage à ces icônes urbaines, contemporaines ou historiques. Leurs combats leur servent de moteur d’espoir, nourris par leur condition qu’ils refusent de subir.

Adel Debabéche – Ouled El Bahdja

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Adel Debabéche – Ouled El Bahdja

par Adel Debabéche

Ouled El Bahdja est un regard intime sur la jeunesse algérienne, partagée entre l’attente et le désir de départ. Ce projet interroge l’espace mental et physique d’une génération qui rêve d’ailleurs, dans un pays où l’avenir semble figé. C’est le récit d’un quotidien fragmenté, où le temps s’étire dans l’ennui, mais où subsiste une tension entre résignation et espoir. Une tentative de saisir ces instants de flottement, ces regards tournés vers l’Europe — fantasme collectif, promesse de reconnaissance, mais aussi chemin incertain... Ouled El Bahdja éclaire une jeunesse qui, malgré les contraintes sociopolitiques, cherche à construire une existence pleine de sens. Une tentative de rendre visibles les rêves et les désirs d’émancipation nés dans l’ombre.

Antoine Woeffray – I Unfold My Skin In The Morning

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Antoine Woeffray – I Unfold My Skin In The Morning

par Antoine Woeffray

Antoine_Woeffray: cher·ère·x·s lecteur·rice·x·s! Antoine_Woeffray: Je suis Antoine_Woeffray Antoine_Woeffray: Mais on m'appelle aussi mr_paramount mr_paramount: cher·ère·x·s lecteur·rice·x·s! mr_paramount: Je suis mr_paramount mr_paramount: Mais mes ami·e·x·s m'appellent Antoine mr_paramount: Mon médecin m'appelle aussi Antoine_Woeffray mr_paramount: En fait sur ma carte d'identité le nom écrit est Antoine_Woeffray mr_paramount: Mais mes amants en ligne m'appellent mr_paramount Ce projet, qui prend la forme d’un livre, est une recherche sur la représentation du corps masculin et de ce qu’est être un homme. Une construction numérique d’un être physique. Le corps passe à travers l’image avant de se transformer.

Anna von Allmen – Nos vies sur vos murs

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Anna von Allmen – Nos vies sur vos murs

par Anna von Allmen

Nos vies sur vos murs est né d’une collaboration avec quatorze jeunes du quartier de Pierre-à-Bot, situé dans les hauteurs de la ville de Neuchâtel. Pendant un semestre, j’ai organisé des ateliers avec des jeunes âgé·e·s de sept à douze ans, qui ont constitué le fondement de cette expérience. Lors de nos rencontres, j’ai initié des discussions autour de la thématique de l’amour, ce sentiment souvent si complexe à appréhender. J’ai partagé des moments de vie avec eux, recueilli leurs textes et leur ai proposé d’imager l’amour grâce à des appareils photo jetables. Dans cet ouvrage, nos visions dialoguent pour créer à la fois un portrait du quartier et des imaginaires qui s’y construisent.

Noé Vercaemst – Cathédrale dans le désert

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Noé Vercaemst – Cathédrale dans le désert

par Noé Vercaemst

Avec Davide Fecarotti étudiant à l’Ensp de Arles, nous avons travaillé en duo autour d’une zone géographique située entre le sud de l’Italie et la Sicile. Nous avons fait la découverte d’une structure particulière. Une construction qui n’existe que dans l’imaginaire collectif des habitant.e.s. Les ingénieur·e·s l’appellent « le pont le plus haut du monde ». Ici, On le surnomme simplement « ponte », le pont qui n’existe pas. Nous sommes arrivés là comme Ulysse dans le détroit de Messine, entre Scylla et Carribde mais sans les Argonautes. Une ruine, un projet architectural, subsistant tel un mythe, un monstre, une chimère aux bras d’acier... mais en réalité, un instrument de pouvoir et de séduction, depuis des années au service des dirigeants italiens.

Lea Sblandano – Neijuan

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Lea Sblandano – Neijuan

par Lea Sblandano

Les pixels s'étendent et semblent de plus en plus proches du monde sensible qui m'a vu naître. Neijuan explore les complexités de la construction identitaire dans un monde post-pandémique et hyper-connecté. Signifiant « involution » en mandarin, il évoque un sentiment de fatigue générationnelle dû à une société toujours plus rapide et compétitive. Entre le sentiment de burn-out collectif et la présence toujours plus immersive des écrans, les mondes virtuels sont des lieux de refuge, de sécurité, mais également des terrains propices aux rencontres intéressées et aux fantasmes. L’écran devient un moyen de connexion émancipateur et formateur, tout en distançant toujours plus l’individu du monde tangible qui l’entoure.

Seraphine Sallin-Mason – The ''A'' Word

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Seraphine Sallin-Mason – The ''A'' Word

par Seraphine Sallin-Mason

L’avortement est un droit fondamental. Aux États-Unis, sa pratique a été limitée ces dernières années dans la moitié du pays. The 'A' Word cherche à traiter de cette question. Les iconographies médiatiques véhiculées par les groupes Pro-Vie/Pro-Choix s’expriment via des codes communicationnels similaires. Ces canaux utilisent le sensationnelisme pour choquer et heurter. Cette sensationnalisation nous éloigne de la réalité de l’avortement et des personnes qui cherchent à avoir accès à ces soins. A partir d'un archive visuel obtenu via plusieurs ressources, The ‘A’ Word tente de dissoudre les mécaniques de communication et de reconstruire une vision complexifiée qui, je l’espère, nous permettra de porter un regard critique sur cette question fondamentale.

Cyriane Rawyler – Medusa

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Cyriane Rawyler – Medusa

par Cyriane Rawyler

Medusa est un projet collaboratif liant la performance à l'hyperféminité. Cette exploration physique symbolise la réappropriation du corps par la transformation. Ce besoin d’échanger et de rencontrer ces protagonistes est né suite à un événement personnel qui m’a permis de reprendre le contrôle d’un espace détruit. La blondeur, la longueur et la brillance nous rassemblent pour créer une communauté. Grâce à la photographie, la notion d’image de soi et de contrôle se répondent et créent des êtres célestes apprivoisant l’espace. Medusa est une affirmation radicale de l'identité féminine, offrant un chemin vers la résilience.

Yves Möhrle – BIPEDIE(BOO)

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Yves Möhrle – BIPEDIE(BOO)

par Yves Möhrle

BIPEDIE(BOO) est une installation vidéo qui mêle humour et sérieux. Inspirée par les éboulements en Suisse, un mythe moderne a été créé. Une personnification des chutes de pierres, incarnant l‘incompréhensible et l‘inexplicable. Les vidéos montrent une figure marchant dans les montagnes et jetant des pierres sur la pente. De manière hypocrite, elle nous fait la morale. Dans un espoir naïf que de petits gestes puissent entraîner de grands changements, l‘esthétique nostalgique du projet souligne le lien entre le passé et le présent et pose la question de notre gestion des risques naturels. Nos actions apportent-elles vraiment des progrès ou combattent-elles des symptômes? Quel est notre rôle dans l‘Anthropocène? Nos actions influencent-elles la nature et font-elles tomber les pierres?

Yan Miranda – Reverie Rebirth

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Yan Miranda – Reverie Rebirth

par Yan Miranda

Guidé par la psilocybine, Reverie Rebirth est un voyage intime qui aborde le thème de la guérison des traumas. Ces expériences m'ont permis de renouer avec l'innocence de l'enfance, avec moi-même et la nature. Par le bias de nouveaux outils technologiques ainsi que par la photographie analogique, j'ai pu documenter les visions de mon voyage intérieur. Imprégnés de divinités afro-brésiliennes, cette exploration reflète mon héritage culturel et mon identité. L'évolution du projet s'est orienté vers un engagement avec la nature et l'écologie. Inspiré par un retour au Brésil, il symbolise la confrontation des questions plus profondes et se mélange à divers éléments typologies artistiques pour aborder les thèmes de la peur, de la colère et de la dégradation de la nature.

Barnabé Masson – Encore une nuit sans Georges

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Barnabé Masson – Encore une nuit sans Georges

par Barnabé Masson

J’ai rassemblé huit amis proches de mon père, décédé il y a dix ans. Ensemble, nous avons plongé dans les sentiments induits par l'absence et le deuil. À l’aide des caméras, je scrute le corps de ces hommes sexagénaires afin d’explorer la tendresse, les émotions et les diverses manifestations spontanées qui émergent lorsque ceux-ci sont confrontés à des émotions fortes. Ces corps masculins, habituellement en contrôle logique constant, sont à l’image de notre culture et de notre économie. La vidéo montre des mains, des bras, des visages et des yeux, parfois gênés, parfois en résistance, et parfois se laissant submerger par les émotions. Ce travail m’a permis, à travers ces hommes, de reconstituer mon père, de me confronter à lui ainsi qu’au rapport que j’entretiens avec la masculinité.

Carla Corminboeuf – Omerta

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Carla Corminboeuf – Omerta

par Carla Corminboeuf

Une performance dans un carré de lumière, surface faisant écho au tapis de compétitions. Souvenir mélancolique de ce tapis qui n’existe plus, tapis symbole de contraintes. Le corps entre dans cet espace restreint et le mesure sur le tempo d’un métronome. Des mouvements répétitifs suivent, jusqu’à que l’effort se fasse ressentir. Une projection en direct s’ajoute en arrière-plan, réalisée avec deux caméras placées dans les diagonales du carré, reproduisant le point de vue des jurés. Puis des archives de scènes d’entraînements défilent témoignant d’un corps forcé à des contorsions par des entraîneurs acharnés. Il s'agit d'une remise en question de plusieurs aspects de la gymnastique rythmique, sport que j’ai pratiqué durant des années et dont les méthodes d’entraînements sont questionnées par le monde médical.

Hector Codazzi – La Synthèse des Couleurs

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Hector Codazzi – La Synthèse des Couleurs

par Hector Codazzi

D’image en image, Louise, 25 ans, cherche à se faire une place dans le monde du mannequinat. De plus en plus impliqué dans le milieu de l'image et de la publicité via mes expériences professionnelles, j’ai voulu poser un regard critique sur ce monde qui à la fois me fascine, me repousse et surtout m’intrigue par son rapport ambigu au réel. J’ai réalisé un court-métrage qui raconte la trajectoire d’une mannequin dans cette industrie, un film qui vise à aborder plusieurs questions: la mise en scène de soi qu'induit la profusion d’images numériques, les mécanismes d'oppression liés à la création d'images publicitaires, la quête de mobilité sociale par les jeunes générations et comment cette quête se heurte à la réalité du marché du travail.

Albane Durand-Viel – Magdalena

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Albane Durand-Viel – Magdalena

par Albane Durand-Viel

Magdalena met à l'honneur une figure féminine tombée dans l’oubli ou mal connue, celle de Marie-Madeleine. Elle était la préférée, la première témoin, l'apôtre mystérieuse de Jésus. Son histoire fut écrite et racontée par des hommes, lui attribuant plusieurs identités: celle de sainte, de mondaine, de prostituée, d’amante ou encore de femme mystique. On lui prête souvent mille visages, préférant la réduire à des stéréotypes féminins erronés. Pourtant, Marie-Madeleine fut une figure clé de l’Histoire et un symbole fort d’indépendance féminine. Ce projet tend à réhabiliter son histoire, en choisissant pour contexte notre ère contemporaine. Ainsi, en imaginant un scénario où Marie-Madeleine occuperait une place centrale dans l'espace médiatique d'aujourd'hui, quel serait son destin?

Matilde Croxatto – them

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Matilde Croxatto – them

par Matilde Croxatto

Ce film est une exploration intime de la masculinité au travers du prisme de la foi. On y découvre les témoignages de huit jeunes hommes à travers leur relation à Dieu. C’est lors d’entretiens et de scènes du quotidien, qu'ils nous dévoilent la beauté et la complexité de cette relation. En me basant sur mon regard de croyante, j’ai pu constater que la foi, par ses qualités vulnérables et intimes, peut être perçue comme une expérience qui n'atteint plus la masculinité traditionnelle. Pour vérifier ces propos, j’ai donné la parole à des hommes, qui choisissent quotidiennement le chemin résilient de la foi. Il s'agit d'une mise en lumière de leur dévotion, une expression du coeur qui dépasse les stéréotypes de genre et invite à une réflexion sur l'humilité de l'individu à l'égard d'une entité plus grande que soi.

Lorane Hochstätter – 24

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Lorane Hochstätter – 24

par Lorane Hochstätter

Ce livre explore la complexité du développement de l'identité féminine d'une fille à travers l'éducation et le regard de sa mère, premier et plus puissant modèle de féminité. Ex-mannequin, ma mère, était persuadée d’émerger d'une couverture de magazine: une incarnation des normes  écrasantes de la représentation féminine. Notre image se développe en miroir : elle se projette en moi, en se souvenant de ce qu'elle était et en inspectant ce qu'elle n'est plus ; je me projette en elle, voyant ce que j'aimerais être mais que je ne suis pas. Ces autoportraits tordent et déguisent mon corps, entre émancipation et subordination des codes imposés. Ce livre traite de la relation d'amour-rejet entre une mère et sa fille, qui s'accompagnent et évoluent ensemble dans une quête sans fin : la recherche d'une identité féminine.

Mathilde Lesueur – Collision

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Mathilde Lesueur – Collision

par Mathilde Lesueur

D’une impressionnante perte de contrôle à une explosion d’éclats de verre, je me retrouve au coeur d’un chaos vacillant et inévitable. Je m’accroche à une lumière incertaine et je laisse mon corps s’abandonner aux blessures. Entre reconstruction et obsession, Collision explore la façon dont l’accident de la route et les blessures sont esthétisés dans l’image moderne. Ce travail entrecroise la violence de mon histoire et la manière dont je la rends séduisante et digitalisée. Je m’incarne à travers une poupée cassée tout en créant une confusion entre le réel et l'irréel, symbolisant la mémoire après un événement traumatisant. Ce projet, sous forme d’installation jouant de chrome et de verre, prend place dans un paysage d’interactions entre des voyeurs et une blessée.

Jennica Folkesson – CHACUNE

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Jennica Folkesson – CHACUNE

par Jennica Folkesson

CHACUNE est une installation qui met en lumière le thème de la transmission. Symbole de connexions, l’argile est extraite puis façonnée pour témoigner d’un passé commun. Le sens du toucher, essentiel, est utilisé comme moyen de création, liant chacune d’entre nous. Chaque pièce de céramique représente une page de notre récit collectif, rythmé par le passage du temps. Ici, le temps prend la forme d’un voyage. De mère en fille, de la Suisse au Mexique, nous explorons ces terres qui abritent nos ancêtres.

Léa Bevilacqua – Meu Anjo

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Léa Bevilacqua – Meu Anjo

par Léa Bevilacqua

"J'ai eu l'occasion de retourner à Santarém, dans le nord du Brésil ma ville d'origine, pour discuter des standards de beauté, de l'identité et de l'expression de soi avec huit personnes que j'y ai rencontré. Ayant grandi en tant que femme binationale (suisse et brésilienne), j'ai vécu avec deux idéaux de beauté contradictoires. Les personnes que j'ai rencontrées là-bas étaient souvent considérées comme étranges, laides ou inadéquates par leur entourage, mais je les ai trouvé uniques et courageuses pour se démarquer dans une région qui valorise la conformité plutôt que l'expression de soi. Ces rencontres nous ont permis de partager nos expériences et d'accentuer leur valeur face à la montée de la haine contre les minorités au Brésil ces dernières années."

Johanna Bommer – Changing Rooms

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Johanna Bommer – Changing Rooms

par Johanna Bommer

Changing Rooms est une installation photographique traitant d’un passé récent. Une figure adolescente navigue dans des environnements commerciaux et numériques. À travers les images qu’elle perçoit, elle se construit et s’engage dans une forme d'auto- commercialisation. Un tas de poussière, des cheveux gras ou une rayure sur une surface autrement lisse perturbent la perfection de l'espace virtuel et commercial. C’est dans l’anonymat qu’elle trouve son réconfort ; elle n'aime pas être perçue mais désire être vue. Un reflet devient un miroir, un écran, une porte.

Léo Paschoud – How to sell online

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Léo Paschoud – How to sell online

par Léo Paschoud

Ce travail se présente sous la forme d'une série de trois livres réunissant des images issues de discussions récoltées sur divers sites de vente d'occasion en ligne. Un protocole précis définit le message adressé aux vendeurs·euses·x pour obtenir une photo en retour. Chaque livre se concentre sur un objet spécifique : l'appareil photo, le miroir et la webcam d'ordinateur portable. À travers ce projet, il s'agit d'explorer les comportements des vendeurs·euses·x en ligne. Pour obtenir l'image recherchée, avec le bon angle de prise de vue, le processus s'appuie sur leur désir de vendre ces objets et permet d'observer leurs différentes réactions. Si le protocole aboutit, des images sont reçues, sinon, ce sont des réponses d'indignation, d'agacement, des insultes ou encore le silence.

Gilian Cardaci – Pitch Green

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Gilian Cardaci – Pitch Green

par Gilian Cardaci

Ce travail documente les enjeux autour d’un terrain de foot professionnel et son entretien artificiel. Le gazon de ces terrains doit être entretenu afin de se conformer aux hauts standards dictés par la FIFA visant à soigner l’image de ce sport. Pour répondre à cette demande, des outils spécifiques ont été développés. Pitch Green bascule le football dans une fascination pour les coulisses de ce sport, créant une imagerie qui rappelle la science-fiction. Le contraste entre le gazon naturel et ces outils à l’aspect ultra-technologiques donne un côté absurde à leur utilité réelle. Ces terrains, qui aux yeux des spectateur·rice·s paraissent parfaits, révèlent toute la démesure du football et son business corrompu.

Laure Brandford Griffith – La foule nous regarde

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Laure Brandford Griffith – La foule nous regarde

par Laure Brandford Griffith

La foule nous regarde s’articule autour d’un regard obsessionnel porté sur des inconnus faisants résonance à la perte d’une personne chère. Dans la recherche de cette personne, il explore à la fois l’identité collective à travers le vêtement, l’attitude physique et les liens humains où l’inconnu devient le reflet d’une histoire personnelle perdue. La foule est à la fois la pluralité de personnalité en l’être perdu empreint à des crises de dissociations et ces personnes inconnues le ramenant dans ma vie.

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