« Lorsque Rachel Noël m’a proposé de venir à l’ECAL afin de dispenser un atelier image centré sur la lumière, j’ai réfléchi un temps puis j’ai de suite pensé à cette citation que j’aime beaucoup et qui m’accompagne depuis longtemps, elle est de Serge Daney : « Dans une logique artistique, la compréhension absolument intuitive, presque animale, de ce que l’on peut faire est bien plus importante que la connaissance de ce que l’on veut faire ».
Durant mon parcours, j’ai souvent pu observer à quel point la lumière au cinéma restait un mystère difficile à percer pour un grand nombre de personnes, en ce compris pour de nombreux·ses professionnel·le·s du secteur, producteur·rice·s, réalisateur·rice·s…
Cependant, pour la personne directrice photo qui porte la responsabilité de l'image d’un film, la lumière, aussi fantasmée et artistique soit-elle, exige inévitablement à un moment de se forger à partir d’éléments tangibles et matériels.
Partant de cet axiome qu’un plan de cinéma doit avant tout être structuré et construit en fonction d’une position de caméra, nous avons, durant cet atelier, observé le jeu des ombres et des lumières.
Au travers d’une série d'exercices simples et concrets, j’ai tenté d’aborder la lumière de cinéma avec les étudiant·e·s afin que celle-ci ne soit plus pour elleux une abstraction.
En leur donnant ces quelques clefs, j’espère qu'iels pourront désormais observer la photographie de façon plus analytique et se nourrir des films en profondeur. »
Benoit Dervaux